| Pour beaucoup d'entre vous, le Besançon Basket Comté
Doubs reste un nouveau venu dans la ligue, puisqu'il n'est apparu
qu'en 1990 dans les tablettes de la Fédération
Française. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que ce
club a une histoire, sous le nom de Vesontio. Retour vers le
passé, retour dans les années 1920...
C'est sous l'impulsion d'un groupe de jeunes femmes désireuses
de promouvoir le sport à Besançon que se créé
en 1922 le Vesontio Fémina. Comme son nom l'indique,
ce club est exclusivement féminin ; il regroupe les activités
telles que la danse rythmique, l'athlétisme puis le basket-ball,
dont les premiers entraînements se font sur un terrain
sommairement aménagé et appartenant à la
fondatrice de la Société sportive, Madame Terreau.
Jusqu'en 1940, toutes ces activités poursuivent leur
petit bonhomme de chemin. Dans les années 1945, la section
rythmique disparaît, et le Vesontio Fémina se lance
résolument dans la compétition en athlétisme
et en basket-ball où l'équipe ne rencontre guère
de rivales au niveau régional.
De 1955 à 1958, le club passe d'une année de crise
à deux années de renouveau avec une montée
en excellence fédérale où l'équipe
rencontre notamment Clermont Ferrand. Peu à peu, la renommée
de l'équipe fanion incite les jeunes à pratiquer
le basket assurant ainsi une relève future.
1965, l'équipe accède en Nationale, dès
lors les basketteuses ne quitteront plus le championnat de France.
Les matches en plein air ne sont plus que de vieux souvenirs,
et le Vesontio Fémina disputera même ses matches
au Palais de Sports. L'équipe alternera les moyennes
et les très bonnes performances, disputant même
la demi-finale du championnat de France.
En peu d'années, dirigeantes, présidente en tête,
et certaines joueuses avaient mis au monde de nombreux éléments...
mâles, ce qui était paradoxal pour un club exclusivement
féminin. D'où l'idée au début très
vague, puis qui prit ensuite corps, de créer une section
masculine, réservée au départ aux jeunes
joueurs. Le Vesontio Fémina devient Vesontio. Mais le
club n'en finit pas pour autant de surprendre ; il compte lui
aussi ses internationales, à commencer par Elisabeth
Riffiod (1,87m) qui deviendra à force de travail et d'enthousiasme
le pivot le plus capé de l'équipe de France ;
suivront Françoise Grandjean et Florence Maire.
Une première équipe seniors se forment et remporte
le titre de Champion Honneur mais elle ne pourra accéder
en Excellence Régionale, faute d'équipe réserve
; et pourtant la relève est bien là avec l'équipe
cadets sous la houlette des frères Deschaseaux. Derrière
eux, de nombreuses équipes de jeunes voient le jour.
Et pour la première fois, une équipe masculine
de Vesontio accède à l'Excellence Régionale;
une équipe propulsée par Normann Skaags, Américain
du Connecticut en stage à Besançon, qui n'hésitera
pas à écourter ses vacances pour prêter
main forte pour remporter le titre de Champion Honneur et le
droit à l'accession.
En 1978, les garçons accèdent pour la première
fois en championnat de France, Nationale 4. Six ans plus tard,
le club voit arriver une partie de ceux qui feront le bonheur
du basket régional: Erik Lehmann, Charly Auffray (joueur
entraîneur), Christian Vivier et Philippe Rastout mènent
l'équipe en Nationale 3. Derrière elle, de nouveaux
jeunes joueurs talentueux ne tarderont pas à rejoindre
cette équipe première dont Arnaud Hyenne.
Vesontio se modernise, devient ambitieux sous la conduite de
très bons joueurs et de leur coach Charly Auffray dont
la compétence est appréciée de tous.
Dès lors, Vesontio accumule les saisons en Nationale
2 et Nationale 3 ; les espoirs affichés à chaque
début de saison sont plus ou moins concrets.
La saison 1989/90 sera une saison charnière : le club
débute tant bien que mal le championnat, et dès
le mois d'octobre, soit après deux mois de compétition,
on parle d'une cessation d'activité. Les problèmes
évoqués sont ceux du "non-investissement" de la
Municipalité dans les subventions d'un club en quête
de haut niveau. L'image choc des joueurs du Vesontio restera
celle d'Erik Lehmann venu rendre son maillot de capitaine au
Maire comme marque de désarroi...
S'installe alors une campagne de mobilisation aussi bien au
niveau de sponsors potentiels qu'au niveau du public, et c'est
ainsi qu'en novembre 1989, pour le match contre Saint-Lô,
le Palais des Sports accueillent plus de 1500 spectateurs...
Les Bisontins sont dès lors concernés par l'avenir
de leur club, les entrepreneurs également. C'est après
un combat acharné que le club sera finalement sauvé.
Une nouvelle équipe dirigeante est en place avec en tête
de liste André Mulon ; les sponsors affluent ; le public
s'impatiente ; le basket va renaître à Besançon
avec le Besançon Basket Comté.
Que dire du parcours du club bisontin ? Les chiffres parlent
pour eux-mêmes : trois saisons de Nationale 2 avec le
doublé Coupe/Championnat pour la saison 1992/93 (et donc
l'accession), deux saisons en Pro B avec l'accession en Pro
A grâce à sa victoire en play-offs en 1995, et
enfin l'élite, la Pro A, depuis la saison 1995/96.
Une
nouvelle étape a été franchie en 1997/1998.
Sous l'impulsion d'Erik Lehmann, le BBC termine à la
huitième place du Championnat Pro A, se qualifiant ainsi
pour la première fois à un play-off. La saison
suivante, par voie de conséquence, le BBC participe à
sa première coupe européenne, la coupe Korac.
En
très peu de temps, le Besançon Basket Comté a su rejoindre l'élite
du basket français. Restait au club à se maintenir à ce niveau
de la compétition et pourquoi pas à franchir encore d'autres
paliers. Mais la saison 2000/2001 met provisoirement un terme à
cette fulgurante ascension. Alors que le nouveau palais des
sports se fait attendre, le BBC vit une saison noire. Le club
voit défiler les américains et ni le limogeage
d'Erik Lehmann ni le retour de Tony Farmer ne sauveront le BBC
de la relégation.
En mai 2001,
suite à l'annonce d'une baisse sensible des subventions
municipales, André Mulon menace de quitter la présidence
du club. Le Conseil Général apporte son écot,
le BBC est alors rebaptisé le Besançon Basket
Comté Doubs et n'a qu'un seul objectif : rejoindre la
Pro A au plus vite.
Après un retour en Pro A difficile et une nouvelle descente en Pro B à la fin de la saison 2003-2004, coup de théatre ! André Mulon déclare à l'occasion d'une réunion du club affaires, en juin 2004, que le club est en proie à un grave problème de trésorerie. Il annonce sa démission. Thierry Martinez, président de la ligue de Franche-Comté de basket, prend alors le relais. De courte durée puisqu'il laisse sa place quelques semaines plus tard a Hubert Papin, ancien international et chef d'entreprise à la retraite.
En juillet 2005, c'est l'ancien Président du Club Affaires, Jacques
Thibault, qui prend la tête du club. Avec l'aide d'André Mulon et d'Erik
Lehmann, il met en place une équipe compétitive, dirigée par l'ancien meneur
du club, Germain Castano. Le début de saison est marqué par l'inauguration
du Palais des Sports. Les résultats sont à la hauteur de la nouvelle salle
et l'équipe est en tête du championnat durant toute la deuxième partie de
saison. Le BBCD termine la phase régulière en tête et retrouve la Pro A.
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